USA  IMMO Floride

Vous résidez depuis plusieurs années aux USA et subrepticement vous sentez que votre savoir-être américain déteint peu à peu sur votre éducation à la française. Bien loin de froisser Nadine de Rothschild ou le rosaire de bonnes manières héritées de mamie Chantale, voici en 3 points en quoi vous avez dû changer.

1. Je me lève tôt et dîne à l’heure du goûter

Je me lève tôt

Avez-vous observé vos voisins américains ? A mon arrivée aux USA, j’étais si surprise de les entrevoir derrière les haies du jardin, s’entraîner pour un 5 miles run dès 5h30 du matin, arborant lampe frontale et lumignons corporels façon guirlandes pour se frayer un chemin dans la nuit. Je sortais alors à la même heure, affublée d’une nuisette informe pour prendre un peu le frais, un verre d’eau à la main et un cachet d’aspirine après une soirée trop arrosée. Aujourd’hui, combien ai- je changé ! Si le tour du quartier en 50 minutes top chrono, par un froid polaire, ne me tente guère, j’ai avancé mon réveil de 2 heures et médite façon lotus avant de me lancer dans une séance de yoga ashtanga.

Je dîne à l’heure du goûter

Il y a encore quelques années, mon estomac s’étonnait, lorsque je promenais mon bouledogue anglais à 18h dans le quartier, du parfum de fumet de BBQ, à la sauce Worchester. En rentrant à la maison, il était encore l’heure d’un bon thé et d’un mini scone…

Le week-end venu, il m’est arrivé de tomber en état de choc en recevant l’invitation à dîner du boss de mon mari à 17h30 et de friser l’apoplexie en découvrant la note stipulant que les réjouissances prendraient fin à 21h précises !

Quelques années après, je suis devenue la reine des dîners à l’heure du goûter ! Le week-end dès 17h30, branle bas de combat à la maison, j’ invite les copains de foot de mon cadet autour d’une pizza party qui finira avant la nuit !

2. Je deviens magnanime en offrant des Tips

Habituée aux garçons de café parisiens et à leur sempiternelle soupe à la grimace, me voilà réjouie sur nos terres américaines. Répondant pendant plus de 20 ans à leur mine renfrognée par une contraction des mandibulaires agacée, me voici maintenant tout sourire ultra-bright et bouche smiley ! Le serveur américain, toujours si prévenant et gentil, a depuis gagné mes faveurs  et reçoit aujourd’hui de généreux tips. En débarquant, en bonne frenchie, je me croyais magnanime en lui offrant un 10% humiliant. Je prends dorénavant des airs courroucés lorsque je croise nos chers compatriotes (de passage bien sûr) pinailler sur l’addition ou encore extraire quelque menue monnaie du tréfonds de leur poche d’un air complice.

3. Je deviens populaire et croûle sous les “friends requests

Je ne me suis jamais sentie aussi seule qu’en arrivant aux USA et pourtant, quelques semaines après mon installation et mon pot luck d’accueil (réduit à une poignée de voisins et à leurs chiens), je croulais sous les “friends requests”. Etre si populaire tout en étant si solitaire, oui, n’est plus un paradoxe au pays de tous les possibles ! Je monte dans l’ascenseur du bureau avec un avocat (ayant son cabinet 30 étage plus bas), je regarde négligemment mes ballerines et top là, c’est parti, il me demande d’être son amie via les réseaux sociaux (mais comment a-t-il donc bien fait pour retrouver mon profil ?). A croire que tout notre building est accro à MyFrenchCity ! Les réseaux professionnels et leurs requests me donnent aussi le tournis: une maman, à peine croisée à la rentrée des classes, m’ envoie sa candidature et son CV en 4 langues. En plus d’être devenue populaire en 15 jours, je suis devenue le substitut américain de Pôle Emploi  ! Il est vrai que cette coutume locale voulant que vous décliniez votre identité et votre job au bout de 10 minutes ne facilite pas l’anonymat.

Et vous, comment avez-vous adopté l’American attitude ?

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