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Pour apprendre le français à nos enfants, nous souhaiterions une méthode simple et efficace. Force est de constater que, comme nous n’en connaissons pas, nous nous retournons vers nos propres repères et donc vers les méthodes avec lesquelles nous avons appris nous-mêmes. Loin de moi l’idée de dénigrer ces méthodes. Mais prenons conscience de nos croyances et essayons de voir l’apprentissage sous un nouveau jour. Un jour qui conviendrait tellement mieux à notre situation d’expatriés !

Mythe n°1 : faire des erreurs, ce n’est pas bien !

Il ne faut pas confondre l’objectif et le cheminement. Oui, l’objectif est bien de ne plus faire d’erreur en français, nous sommes d’accord. Mais pour y arriver, plus votre enfant fera des erreurs, mieux ce sera ! Car ainsi, il se frotte à la langue française et construit sa propre compréhension de celle-ci. En analysant et corrigeant ses erreurs, il acquiert de manière plus profonde la connaissance de la langue.
Idée : Pourquoi ne pas arrêter de corriger nous-mêmes les fautes de notre enfant et lui donner plutôt des indices pour qu’il le fasse lui-même ?

Mythe n°2 : plus on passe de temps, concentré, sur un cours, mieux on apprend !

Ce n’est pas la durée qui est le plus important. Les neurosciences sont formelles : on apprend mieux avec un travail soutenu mais espacé par des pauses régulières. Notre cerveau a en effet deux modes : l’un focalisé, concentré et qui permet de mettre des informations dans la mémoire dite de travail ou mémoire immédiate. Mais au bout d’un certain temps, cette mémoire est saturée. Nous aurons beau essayé de nous concentrer, les informations ne seront pas retenues. L’autre mode, c’est le mode de diffusion. Notre cerveau alors vagabonde, il fait des connexions aléatoires, il brasse les informations « sans y penser ». Ce sont nos rêves, nos divagations. C’est, en fait, grâce à un va-et-vient entre ces deux modes que les informations vont pouvoir passer de la mémoire immédiate à la mémoire à long terme. C’est ainsi que les informations qui saturent la mémoire de travail passent dans l’autre mémoire. En résumé, un cours que l’on revoit régulièrement sur plusieurs jours sera mieux et plus longtemps retenu qu’un cours où l’on s’est concentré une seule fois sur une longue durée.

Idée : pourquoi ne pas mettre en place un petit rituel quotidien autour du français ? Quelques minutes suffisent !

Mythe n°3 : c’est en restant immobile et concentré que l’on apprend le mieux !

Oui… et non ! Notre corps a peut-être envie de bouger. Une partie de votre attention est alors prise par la nécessité de devoir rester immobile. Et elle n’est donc pas à 100% sur le contenu du cours. On sait aussi que le fait de faire de l’exercice augmente grandement les capacités d’attention.  (1)
Idée : et si nous arrêtions de dire « arrête de gigoter » « tiens toi comme il faut » et que nous entraînions plutôt notre enfant à trouver la position et le mouvement qui lui conviennent ? Lire en marchant, utiliser de grosses balles en plastique comme siège,  ou encore écrire par terre sur le ventre avec les deux jambes qui jouent aux essuie-glaces ! Oui, c’est aussi une manière d’apprendre !

Mythe n°4 : il suffit de lire plusieurs fois une leçon pour l’acquérir.

Les neurosciences (encore elles !) nous indiquent que ce n’est pas en écoutant ou en lisant une leçon que l’on apprend le mieux. Et pire, il nous arrive, par exemple, de surligner un passage d’un livre en étant sûr, ainsi, d’ancrer ces mots dans notre mémoire. En réalité, l’information n’est pas retenue. Pour apprendre, nous devons faire l’effort de nous rappeler cette leçon. Et si nous utilisons nos propres mots, nos propres images mentales, si nous faisons complètement nôtre cette information, alors seulement nous apprendrons de manière efficace. C’est en nous impliquant que nous allons acquérir le contenu d’un cours.
Idée : pourquoi ne pas laisser votre enfant vous expliquer une règle de grammaire ? Pourquoi ne pas le laisser faire une affiche, un dessin qui lui parle, avec des couleurs, des schémas, des flèches pour qu’il comprenne mieux une règle de français ?

Mythe n°5 : une fois que c’est appris, on ne l’oublie plus !

Oui et non encore une fois.  Notre cerveau a tendance à évacuer les choses dont il ne se sert pas. C’est bien pour ça que le français de nos enfants expatriés déclinent à grande vitesse : leur cerveau fait la place pour toutes les belles expériences à vivre et le nouveau langage à apprendre.
Mais notre cerveau stocke aussi profondément certaines choses. Il les associe à des souvenirs, à des histoires, à des émotions ou encore à des sensations. Ces acquis-là sont alors ancrés dans la mémoire à long terme et peuvent ressortir plus facilement.

Idée : pourquoi ne pas revoir des règles de français sous un autre angle, d’une autre manière, en faisant appel à des souvenirs, en créant des moments forts ou en imaginant des histoires inoubliables ?

Mythe n°6 : il suffit de comprendre un concept ou une règle pour l’apprendre.

Comprendre ne suffit pas. C’est utile, mais ça ne suffit pas. Un enfant peut tout à fait ressortir une règle de grammaire qu’il comprend… et ne pas l’appliquer correctement ! La pratique, régulière, permet de confronter cette compréhension au « terrain » et la manipulation du langage permet donc de mieux assimiler la règle.
Idée : pourquoi ne pas arrêter de focaliser sur l’apprentissage des règles et porter notre attention plutôt sur leur application et donc sur l’écriture libre ?

Vous l’avez compris, la pratique, l’implication, l’assiduité ainsi que les respects des besoins de nos enfants expatriés, tout cela contribue à un apprentissage plus efficace. Oublions donc les cours que nous avons connus, assis derrière un bureau, pendant plusieurs heures, avec une personne qui vous enseigne une à une les règles du français. Osons imaginer et essayer d’autres solutions plus originales, plus créatives et plus agréables pour les petits comme pour les grands !

Cet article a été inspiré par le cours « Learning how to learn » proposé par Coursera et enseigné par Dr Barbara Oakley et Dr Terrence Sejnowski.

Voir l’article sur cette étude lilloise

Catherine Allibert

 

Catherine Allibert aide aussi les enfants déjà expatriés à garder leur français en les invitant à écrire un livre.

Pour en savoir plus : www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com
www.facebook.com

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