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Dans de nombreuses écoles américaines, publiques ou privées, vous ne trouverez ni gentilles dames de cantine (Ah ! Georgette, ma dame de cantine en CE2) ni de cantine à proprement parler, puisqu’il n’en existe pas ! A la place, une caféteria où s’entassent pendant 30 minutes top chrono des dizaines d’enfants pour dévorer soit un panini 100% junk food, à acheter sur place, soit la bonne Lunch Box préparée par maman ( ou par papa).

Mais comment et pourquoi ce maudit sac à repas coloré est-il devenu le cauchemar quotidien de nombreux parents ?

La Lunch Box, du marketing conquérant à la tyrannie domestique !

La Lunch Box, un produit marketing optimal

Dans notre douce France, on l’appelait la gamelle, au Japon, la Bento, et ici, aux US, c’est la Lunch Box. Version optimisée de la gamelle en métal des années d’après-guerre, déclinée de toutes les couleurs et sponsorisée par tous les super héros (Batman, Dark vador ou Minions ) la Lunch Box est devenue l’attribut numéro 1 de l’écolier américain. Sans compter bien sûr les chaussettes qui remontent à mi-mollets, exhibant le même super héros, ou la casquette bicolore de baseball. A l’intérieur de cette boîte de Pandore concoctée par maman ou papa, on découvre d’autres petites boîtes, en plastique, souvent, isothermes, parfois qui se superposent pour former ce que l’on appelle ici « un repas ».

 

La Lunch Box, l’esclavage moderne des parents

Allez faire un tour au mois d’août quelques jours avant la rentrée des classes chez Target ou Wallmart… Vous comprendrez alors ce que l’on entend ici par phénomène de mode ! Des alignements de sacs à repas à l’effigie de toutes les superproductions Disney ou Pixar pour les plus jeunes, des roses ou pailletées girly pour les ados, des noires ou grises pour les jeunes cadres astreints au sérieux. Et à quand la Lunch Box Vanessa Bruno chez Nordstrom ? De $10 à $30 en fonction du design et de l’isothermie (Igloo or not igloo), la Lunch Box est le nouveau faire valoir des cours de récré américaines. Mais derrière le marketing et la plastique irréprochable de ce contenant tout en rondeur et capitons, se cache une dure réalité… La Lunch Box, c’est l’esclavage moderne des parents américains !

 

La Lunch box, une corvée quotidienne !

Si vous avez été  élevé chez les bonnes-sœurs et avez connu le supplice des salsifis insipides, de la langue de bœuf semelle de cheval ou du gratin de choux-fleurs sauce vieille béchamel, la Lunch Box US vous semblera digne du concours Lépine de l’innovation technologique et culinaire ! Pourtant, la préparation quotidienne de ces déjeuners compartimentés et le nettoyage scrupuleux de ses contenants vous ôtera rapidement tout désir de s’y coller !

La Lunch Box, c’est du boulot en plus !

Parents français biberonnés par les conseils de la pédiatre d’Edwige Antier (Mon bébé mange bien), nous voulons pour nos petits une alimentation équilibrée : 50% de féculents, 50% de légumes, son petit yaourt pour l’apport en calcium et sa salade de fruits pour le plein de vitamines. Les premières semaines, entre les courses et la préparation de ces 5 déjeuners supplémentaires (et oui, ici l’école c’est 5 jours/ 5), vous aurez dépensé 200$ de plus chez Trader Joe’s  (si vous avez 2 enfants) et aurez passé entre 2 et 3 h de plus par semaine en cuisine. Sans compter les heures perdues au bureau ou dans les embouteillages à élaborer les 10 menus du lundi au vendredi  (et oui, il faut bien aussi prévoir celui du soir car votre « moitié » d’orange » rentre toujours affamé !). Votre moitié a même tenté le coup en humant les fumets délicieux qui s’élevaient de votre gratin de potiron à 6h15 du matin.

« Chéri, ça sent tellement bon, je pourrais moi aussi avoir une petite Lunch Box today « ?

Rembalé direct, le pauvre mimi, il n’a jamais osé recommencer !

Commencer au plus vite sa cure de désintoxication !

Dès les premiers symptômes d’overdose de Lunch Box, commencer sa thérapie en en parlant à vos amis. En écoutant, par exemple, le pragmatisme culinaire de notre copine Nathalie. « Tu ne te laisse pas bouffer par la lunch box ! Alors prépare tous les jours des baggels au saumon et au Philadelphia et arrête de te faire chier ! »

Votre mari vous l’assène : quelques tomates cerise et deux œufs durs pour votre Tomy, c’est amplement suffisant !

Mais Tomy ne grandit pas beaucoup (ses copains US font tous 1m70) et reste toujours si fluet. D’où votre fameux gratin de macaronis courgettes, sa séance de pelage à 23h et sa cuisson matinale à l’heure ou votre moitié sort du lit :

« Chéri, c’est quoi cette odeur de courgettes pourries au fromage ? »

Un vrai tue-l’amour ce gratin, un scandale pour les couples cette Lunch Box. Des envies d’homicide vous envahissent soudain.

Ecoutez vos amis, simplifiez-vous la vie et pensez à la reconnaissance éternelle que vous voueront vos enfants !

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