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Amélie S. est une jeune française arrivée le 28 août 2015 aux USA dans le cadre d’un visa J1. Sponsorisée par la société Parenthèse, spécialisé dans ce type de visa, le groupe pour lequel travaille Amélie en Floride avait dû débourser $ 2 700 auprès de cette société.  Après seulement un mois de séjour à Miami, Amélie se retrouvait avec une facture de $48 000. Nous l’avons rencontrée et elle nous livre le calvaire de son problème de santé en étant sous J1..

Bonjour Amélie, quelle était ton assurance dans le cadre de ton J1 en Floride ?

Dand le cadre de mon J1 de 18 mois pour un groupe français basé à Miami, j’avais souscrit à l’ Assurance CIEE. Voici quelles étaient les conditions  à la lecture de mon contrat d’assurance :

  • Prestations médicales de $100 000 minimum en cas d’accident ou de maladie.
  • En cas de décès une couverture du coût de rapatriement du corps à hauteur de $25 000.
  • En cas de dépenses liées à l’évacuation du stagiaire vers son pays d’origine une somme allouée de $50 000.
  • Une franchise ne devant pas dépasser $500 pour un accident ou en cas de maladie.

La plupart de mes amis, en J1 eux aussi, avaient souscrit aux mêmes prestations. J’avais donc l’âme en paix.

Raconte-nous comment ton séjour a basculé dans l’horreur ?

15 jours seulement après mon installation à Miami, alors que je venais à peine de commencer mon stage dans une entreprise locale, le cauchemar a commencé. C’était le 6 septembre 2015 , il était environ 20h lorsque j’ai ressenti une grosse douleur dans le bas du dos, côté droit. C’était un dimanche, il faisait beau, j’étais toute guillerette à l’idée d’aller  me balader à Cocowalk, un joli centre commercial de Coconut Grove. Soudain, je me suis sentie très mal, j’ai ressenti de grosse bouffées de chaleur et fus prise de malaise dans un magasin. Presque évanouie, les passants m’ont aidée à me remettre sur pieds et m’ont emmenée au CVS à quelques mètres de là..

Dans le rayon pharmacie du CVS, j’ai acheté un test pour vérifier que j’avais bien une infection urinaire car cela faisait quelque jours qu’une envie constante me pressait. Ce qui me contrariait fort au travail. Je suis rentrée chez moi dans l’idée d’aller consulter un spécialiste le plus vite possible. Mais une heure après, la douleur a repris de plus belle, une  douleur très forte, je ne pouvais presque plus marcher, j’ai alors demandé de l’aide à mes voisins afin que l’on m’emmène en urgence à l’hôpital.

Je suis arrivée au Mercy Hospital de Coconut Grove ( le plus proche de mon lieu d’habitation) vers 22h, les médecins de garde  m’ont examinée,  ont réalisé des prises de sang et des tests urinaires. Ils m’ont également administré un anti-douleur. Les médecins  ont alors diagnostiqué un calcul rénal et m’ont fait passer un scanner pour voir où il se trouvait. Le calcul était de 6mm, le médecin m’a expliqué qu’il ne servait à rien d’opérer, que le calcul  sortirait tout seul. Il m’a prescrit un  traitement de 2 semaines avec des médicaments afin d’apaiser la douleurs et je suis rentrée chez moi.

Alors, quand est -ce que ta descente aux enfers a-elle véritablement commencé ?

Les 2 semaines qui suivirent, j’allais beaucoup mieux, je ne ressentais plus de vives douleurs mais des envies pressantes nuisant à mes journées de travail. J’ai terminé le traitement prescrit et au bout de 3 jours j’ai ressenti  à nouveau une douleur. Plus faible mais tout aussi similaire. Par précaution, “ chat échaudé craint l’eau froide “,  je suis retournée aux urgences du Mercy Hospital le jeudi 24 septembre. Sur place, j’ai expliqué au praticien qui m’a reçue que j’avais toujours une infection urinaire, car cette envie constante me saisissais et que j’avais mal dans le bas du dos. Ils ont alors procédé à de nouvelles analyses urinaires, prises de sang, ils m’ont affirmé que je n’avais plus rien,  plus aucune trace d’infection. J’ai insisté en expliquant que ce n’était pas possible car je ressentais à nouveau de vives douleurs. Ils m’ont fait une échographie et n’ont rien trouvé. Il m’ont priée de rentrer chez moi.

Pendant 2 jours, je n’avais plus mal mais une envie pressante me reprenait à tout instant. Ne prenant plus de médicaments, je buvais de l’eau et j’étais plutôt inquiète car c’était la première fois qu’une chose pareille m’arrivait.

Le dimanche 27 septembre vers 16h, la douleur est revenue, beaucoup plus forte que la première fois, je me suis rendue pour la 3 ème fois aux urgences du Mercy. Les infirmières m’ont vite prise en charge et m’ont soumise aux 3 èmes  analyses de sang et d’urines. Cette fois-ci, ils ont bien détecté une infection urinaire, ils m’ont expliqué qu’ils n’avait rien décelé le jeudi précédent en raison du traitement que j’avais pris qui avait sûrement faussé les analyses. les médecins  m’ont alors prescrit des anti-douleurs et m’ont laissée 3 heures durant, sans nouvelles. En fin de journée, ils se sont enquis de ma santé et voulaient savoir si j’allais mieux, mais l’anti- douleur commençait à ne plus faire d’effet et je souffrais à nouveau. Les médecins du Mercy ont donc décidé de m’hospitaliser, m’ont conduite dans une chambre et m’ ont placée sous intraveineuse, avec une poche de potassium. Le Mercy est un hôpital très moderne, digne des dernières séries télé : j’étais seule dans ma chambre, tout confort, lit dernière génération, télévision … Je suis retournée faire un scanner et conclusion, le calcul était toujours là, il avait changé de place mais n’était toujours pas sorti.

Selon leurs dires, le calcul s’expulserait de lui-même mais au bout de 2 jours, toujours rien. Je craignais le pire et pour ma santé et pour mon porte-monnaie !

Comment cette hospitalisation s’est-elle conclue ?

Je savais que la facture allait être salée, non seulement parce que j’étais hospitalisé mais de plus dans l’ une des structures hospitalières les plus onéreuses de Miami ! Je commençais véritablement à m’inquiéter, habitée par la crainte que l’assurance de la CIEE ne prenne pas en charge ces frais. Mon patron avait beau m’assurer  que je ne risquais rien, que c’était une urgence, que mon assurance couvrirait tout les frais, j’étais mortifiée ! Etant inscrite au CIEE, j’avais souscrit à une assurance AETNA, une de celle qui propose la meilleure couverture santé aux USA.

Durant mon hospitalisation, les infirmières passaient régulièrement me rendre visite,  changer la poche de potassium et me demandaient gentillement si le calcul était passé. Je répondais que pour le moment je n’avais toujours pas ressenti de douleur ni rien senti passer.

Le 3è jour d’hospitalisation, je commençais à m’interroger. Pourquoi me gardaient-ils sans rien faire de particulier, ni m’examiner ni m’opérer ? J’ai donc fait des pieds et des mains pour voir un spécialiste. Il m’a renvoyé faire encore un 4 ème scanner afin de voir si le calcul était toujours présent. Cette fois-ci ce fut avec une injection à base d’iode pour pratiquer une tomosentométrie. Conclusion, le calcul n’était plus là, il était passé, enfin !

Et la facture ? Une douleureuse ?

Le 4 eme jour, je suis enfin rentrée chez moi, soulagée mais avec désormais saisie par l’angoisse de recevoir la facture de l’hôpital. Un mois après, j’ai commencé à recevoir des factures, des petits montants, de 30$, 50$,100$, 1000$, 2000$, de la part du Mercy. J’ai appelé mon assurance pour savoir si tout serait réglé. Ils m’ont demandé si j’avais eu des antécédents similaires avant en France, je devais remplir un formulaire d’informations  où je devais donner la liste de tous les médicaments que j’avais pris durant l’année 2015. Heureusement, je n’avais pas été malade cette année là et n’avais donc de suspicieux à déclarer. L’assurance voulait en effet  s’assurer que je n’avais jamais eu de problème similaire car un calcul rénal est un problème qui peut devenir chronique, dans ce cas, ils n’auraient pas pris en charge les frais.

Mon entourage m’a conseillé de ne rien payer à l’hôpital et d’attendre que l’assurance règle les frais, la procédure pouvant être très longue.  La bataille juridique ne faisait que commencer ! J’ai reçu des avalanches de factures de l’hôpital, des courriers et des mails me demandant de régler car l’assurance ne voulait pas prendre en charges les frais. Après 3 mois j’ai reçu une facture de l’hôpital me réclamant 45 000 dollars. Après avoir recontacté mon assurance, elle m’a expliqué que l’hôpital avait facturé plusieurs prestations sans donner d’explications sur les soins et qu’elle attendait d’avoir des justificatifs avant de prendre en charge le remboursement des  frais. Après 3 mois d’attente, jai reçu un courrier de l’hôpital me réclamant 7000 $. Mon assurance avait réglé $ 35  0000. J’étais tellement soulagée !  J’ai de nouveau appelé l’assurance pour savoir pourquoi les 7000 $ restants n’étaient toujours pas réglés et il m’ont expliqué qu’ils attendaient le reste des justificatifs.

Aujourd’hui, le dossier est toujours en cours, restent $ 7000  à régler dans la bataille..

Amélie, quels conseils donnerais-tu aux futurs J1  en cas d’accident ou d’hospitalisation ?

Je conseille à tout le monde de souscrire à une assurance avant de s’expatrier, si je n’avais pas été en J1 je n’aurais pas été obligée de souscrire et j’aurai pu m’endetter de presque 50 000$. Si vous avez un accident ou un problème de santé soudain, consultez la liste des hôpitaux et des praticiens américains qui ont passé des accords avec votre assurance. Evitez d’aller dans les hôpitaux trop coûteux. Ne faites pas comme moi qui suis allée en urgence au plus près ! Hospitalisé(e), batailler pour savoir combien de temps vous allez devoir rester, si cela est bien primordial. Demandez une chambre sans option et à partager et refuser « les suites privatisées » ! Exigez que les médecins passent chaque jour vous examiner, ne vous satisfaites pas des logorrhées des infirmières. Ici, le temps, même à l’hôpital, c’est d’abord de l’argent.

Nous remercions Amélie pour cet entretien vérité et les détails précieux de son témoignage.

Aujourd’hui, le dossier est toujours en cours, restent $ 7000  à régler dans la bataille..

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