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Nous adorons nos enfants. En expatriation, nous tissons même souvent des liens plus serrés, du fait de ce grand chamboulement qui nous rapproche. Et pourtant, malgré cela, il y a toujours un moment où nous parlons mal à nos enfants. Les « Tu es bête ou quoi ? »  « Mais quel fainéant ! » « Allez, mais si, c’est facile ! »
C’est normal, ce sont les mots que nous avons nous-mêmes entendus lorsque nous étions enfants, et finalement nous nous en sommes bien sortis !
Est-ce si normal que ça ? Est-ce que ça aide réellement notre enfant ? Y a-t-il d’autres solutions ?

© Cathy Yeulet

Les conséquences des mots lâchés sans réfléchir

Lâchés souvent sous le coup de la colère ou pour essayer de justifier un comportement qui nous paraît inapproprié, ces messages négatifs deviennent la « petite voix » de l’enfant.  Et cette voix lui dicte ses actions. C’est le principe des prophéties autoréalisatrices (ou « effet Pygmalion »*). Prenons un exemple : si nous disons « Tu es nul en français ! » à notre enfant,  toute erreur qu’il fera tendra à confirmer qu’il est « nul en français », et donc renforcera cette croyance. Dans notre esprit autant que dans le sien ! Le cercle vicieux s’installe : comme de toute façon, il est « nul en français », il ne va pas faire les efforts nécessaires pour devenir plus fort. Après tout, si ses parents le disent, c’est que c’est vrai ! Nous-même, voyant que nous avions raison, nous allons faire moins d’effort puisque de toute façon il est « nul en français » !
D’autres mots, même s’ils ne sont pas directement adressés à votre enfant, comme « Je suis crevé ! », « Il m’a énervé ! » ou encore « Quelle journée pourrie ! » sont aussi des mots « toxiques ».  Elles ne font que baisser le moral de toute la famille.
Comprenez-vous maintenant pourquoi chaque mot compte ? Inutile de culpabiliser pour autant ! Prendre conscience de cela est déjà un premier pas vers un changement bénéfique.

Le pouvoir des mots n’est pas une légende

Beaucoup de personnes ne font pas spécialement attention à ce qu’ils disent.
Pourtant les mots du quotidien deviennent ceux qui s’ancrent le plus dans notre esprit. Je suis certaine que vous avez des exemples où, en quelques mots, un ami vous a aidé à relever la tête, à vous reprendre en main ou à vous faire sourire à un moment où tout vous semblait noir.
Les mots bienveillants que nous utilisons en parlant à nos enfants peuvent :

  • les motiver
  • les rendre plus créatifs
  • leur donner plus de confiance en eux
  • et surtout leur apprendre un vocabulaire positif !

Ces mots redorent aussi notre blason de parents en nous donnant un rôle qui nous sied beaucoup mieux : celui d’une personne qui inspire.

La sincérité avant tout

N’utilisons pas des mots qui ne correspondent pas à notre enfant : un « tu es le meilleur ! » alors qu’il vient de vous tendre un carnet de note dont il n’est pas fier va surtout lui faire prendre conscience… que nous ne sommes pas vraiment sincère !
Un « Tu veux en parler ? » ou « Que penses-tu qu’il faille faire pour résoudre la situation ? » ou encore lui rappeler une réussite précédente dans son parcours, lui permettra de comprendre que toute erreur n’est pas une fatalité. Ces mots de bienveillance, justes et authentiques, le toucheront.

Ces mots redorent aussi notre blason de parents en nous donnant un rôle qui nous sied beaucoup mieux : celui d’une personne qui inspire.

Comment trouver les mots ?

Trouver le mot juste n’est pas facile et est un travail de tous les jours.

Voici quelques exercices pour vous aider :

  • S’écouter parler et se mettre régulièrement à la place de nos enfants.
  • Parler des faits, de leur comportement mais pas d’eux directement : leur coller une étiquette ne les aide pas et les erreurs qu’ils font ne les définissent pas.
  • Utiliser le « je » pour indiquer que c’est un ressenti à un moment donné : « J’ai l’impression que tu n’as pas compris cette règle de grammaire. »
  • Apprendre à s’excuser lorsqu’un mot est parti trop vite.
  • Faire la liste des mots que nous aimerions, nous-même, entendre.
  • Noter les mots qui rendent notre enfant plus gai, plus heureux.
  • Lorsque nous utilisons des mots « toxiques », essayer de nous concentrer sur la solution plutôt que sur le constat. (Nous avons bien sûr le droit d’être fatigué après une dure journée, mais si plutôt que de le dire nous nous faisions couler un bain chaud pour nous détendre ?)

La manière dont nous parlons à nos enfants est un choix de chaque jour, chaque minute, chaque instant. En modifiant pour le meilleur, les mots que nous choisissons, nous changeons non seulement la « petite voix » de nos enfants, mais aussi… la nôtre ! Et cela transforme notre relation avec eux. Elle devient plus douce, plus sereine, plus complice. Cherchons donc ces mots qui font du bien.
Et un dernier conseil : surtout ne me prenez pas au mot (justement)! Et découvrez par vous-même les bienfaits de cette approche !

* En savoir plus sur l’« effet pygmalion » : wikipedia.org

Catherine Allibert


Catherine Allibert aide aussi les enfants déjà expatriés à garder leur français en les invitant à écrire un livre.

Pour en savoir plus :
http://www.unehistoiredeninjasetdesamourais.com
www.facebook.com

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