USA  IMMO Floride

Aux USA comme en France, l’Education Nationale se caractérise par la pesanteur de son système et de ses engrenages. Dans nos deux pays, les bureaucraties régulant les systèmes scolaires, qu’elles soient locales ou fédérales, sont devenues des “mammouths” pour reprendre l’image consacrée par Claude Allègre dans les années 80. Pourtant, l’école publique américaine a su innover (là où nous sommes restés sur nos acquis) en créant il y a 15 ans les Charter Schools. MyFrenchCity est partie enquêter sur cette révolution du système de l’enseignement public aux USA !

©utdcom.com

Les Charter Schools révolutionnent l’école publique

Etat des lieux des écoles américaines dans les années 80

Aux USA, les familles les plus aisées échappent à la médiocrité de l’enseignement public et gratuit en envoyant leurs enfants dans des Private schools. Équivalent de nos écoles privées, ces private schools sont par contre très onéreuses pour les familles puisque leurs prix oscillent entre 18 000 et 35000$ par an/enfant. La classe moyenne et les franges plus modestes de la société américaine n’ont pas les moyens de s’offrir une école privée et c’est ainsi  que l’école publique s’est peu à peu désagrégée au cours des années 80. C’est donc la création des Charter schools qui est venue insuffler un vent de révolution en 1991 sur un enseignement public en voie de décomposition.

Charter Schools: Autonomie et  performance scolaire

Les inégalités inhérentes au système scolaire et à son clivage public/privé ont été résolues en partie aux USA grâce à la création des Charter Schools. Les Charter sont des écoles  financées sur des fonds publics mais fondées à initiative de parents ou d’enseignants particulièrement motivés dans des quartiers défavorisés qui concentrent des minorités en marge des voies de la réussite. Si les Charter Schools disposent d’une très grande liberté dans l’application de leur programme et le recrutement de leurs professeurs, ces établissements doivent néanmoins établir une charte précise présentant des objectifs ambitieux. Évaluées directement sur l’atteinte de ces objectifs et les résultats scolaires de leurs élèves, les Charter cultivent la performance scolaire et préservent jalousement le droit d’enseigner comme elles l’entendent. En attirant des professeurs motivés et dynamiques et en les libérant de leur administration de tutelle pour plus d’autonomie, le système séduit le corps enseignant et sa direction. La plupart des chefs d’établissement de Charter viennent du sérail des prestigieuses universités américaines à l’instar d’ Harvard ou de Yale et mettent leur savoir au service de l’ascenseur social que sont ces écoles.

Attention toutefois, pour être subventionnées, les Charter doivent être des écoles publiques, ouvertes à tous, laïques et sont des associations à but non lucratif. La contrepartie de cette autonomie est donc l’exigence d’une plus grande responsabilité des acteurs locaux.

Charter Schools, promotion sociale pour tous !

Les Charter Schools ont réussi en 15 ans là où tous les systèmes scolaires antérieurs avaient échoué. Depuis 1991 quelques 5000 écoles se sont créées sur ce modèle aux quatre coins des USA et accueillent aujourd’hui près de 1,3 million d’enfants américains. Un engouement général pour ce système qui valorise :

  1. Un enseignement cadré dans de petites structures : pas plus de 18 élèves par classe pour des établissements ne dépassant pas les 250 élèves.
  1. Des professeurs engagés qui ne comptent pas leurs heures et déploient des trésors de créativité pour motiver leurs troupes.
  1. Un travail en équipe par petits groupes de 3 à 5 afin d’équilibrer les capacités et de favoriser l’émulation propice à l’apprentissage.

« Ici, ce n’est pas la note finale « le grade » qui importe mais bien le travail d’équipe » reconnaît un professeur d’ISCHS à Miami (www.ischs.net). « Le but est de donner confiance aux enfants et de n’en laisser aucun au bord du chemin de la réussite » conclue-t-il.

A Haynes, (haynescharter.com) une  Charter de West Hills à Los Angeles, la devise de l’école est claire : «  Be kind, work hard, get smart » (soyez aimable, travaillez dur et devenez intelligent). Tout un programme !

On comprend le succès rencontré par les Charter qui sont en passe de rafler une bonne partie des élèves du public. La réussite  scolaire explique aussi cet engouement des élèves et de leurs familles puisque les résultats scolaires des Charter sont infiniment supérieurs à ceux des écoles publiques. Pour exemple à Washington DC, dans les terres de l’électorat d’Obama, les jeunes afro-américains ou latinos issus des minorités constituent pourtant 91% des recrues des Charter schools et obtiennent des taux de réussite en sortant du lycée 2 fois supérieurs à la moyenne nationale des établissements publics.

Une véritable réussite scolaire et une belle revanche sociale qui devrait inspirer plus d’un de nos élus français afin de favoriser la promotion sociale dans nos quartiers !

Alors à quand les Charter en ZEP en REP ou en réseau ECLAIR ?

A vous de jouer Najet !

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