USA IMMO CLE

Ce mois-ci, Catherine Allibert, fondatrice du site Une histoire de Ninjas et de Samourais, explique pourquoi les parents sont la clé dans l’apprentissage du français à leur enfants en situation d’expatriation…

L’exemple de Lisa, mère expatriée

« C’est l’heure de s’y mettre, Tom ! Tu viens ? » C’est le moment qu’a choisi Lisa pour faire apprendre le français à son fils. Expatriée depuis deux ans, elle trouve que c’est une corvée nécessaire. Elle s’assied, soupire et dès que son fils est prêt, commence la leçon. Bizarrement, lorsque son mari lui a proposé de passer par quelqu’un d’autre, elle a eu un serrement au cœur. « Non, je peux le faire, bien sûr ! » Qu’en pensez-vous ? Nous, parents expatriés, sommes-nous les bonnes personnes pour enseigner le français à nos enfants ?

Apprendre le français à nos enfants : les pour et les contre !

  • 1. Nous ne sommes pas des enseignants

Notre connaissance en pédagogie, si ce n’est pas notre métier, se limite bien souvent à notre propre expérience qui – il faut bien l’avouer – date un peu. Nous avons appris, mais à quel prix ? Pour certains d’entre nous, les mots « grammaire », « orthographe » et « conjugaison » provoquent des frissons, n’est-ce pas ? Et dans les souvenirs d’école que nous avons tous en commun, revient régulièrement celui de la dictée barrée de rouge. Voulons-nous faire vivre cette expérience à nos enfants ? Non. Mais nous ne savons pas quoi faire d’autre.

  • 2. Nous sommes trop proches

Nous voulons le meilleur pour nos enfants et bien souvent cela s’accompagne d’un niveau d’exigence élevé. Il est alors plus difficile, en étant si proche, de prendre le recul nécessaire pour faire baisser la pression. La distance qui s’établie naturellement lorsque c’est une personne extérieure qui prend en charge l’enseignement du français de votre enfant permet des échanges où les émotions sont contenues et les attentes nivelées.

  • 3. Nous sentons que ce n’est pas notre rôle

Il nous arrive de douter de nos méthodes, de notre capacité à être à l’écoute, à être patients. Nos enfants le ressentent. Ils ne comprennent souvent pas ce rôle que nous nous attribuons le temps d’une leçon.

 

  • 4. Et, en même temps, nous les aimons

Notre bienveillance ne les enveloppe-t-elle pas ? Ne sommes-nous pas les mieux placés pour les comprendre et respecter leur rythme de vie ? Ne sommes-nous pas ceux qui croient de manière inconditionnelle en leur capacité à parvenir à leur but ? N’offrons-nous pas un échange précieux, sans retenue, basé sur la confiance qu’ils nous portent ? En les laissant libres de poser toutes les questions qu’ils souhaitent, ne les élevons-nous pas à un niveau plus haut ?

  • 5. Oublierions-nous quelque chose ?

Et eux ? Qu’en pensent-ils ? S’ils avaient le choix, que préfèreraient-ils ? Nous oublions parfois de prendre en compte leur avis. Et pourtant, c’est cet avis qui va déterminer l’atmosphère de ces séances !

Lisa s’est rendu compte de ses limites et a finalement choisi de passer par un enseignant extérieur. Mais elle a gardé le meilleur : la lecture à deux, blottis sous la couverture… on discute du livre, on pouffe, on chatouille aussi. Moment de complicité. Notre principale qualité n’est-elle pas ce bel état d’esprit, cette écoute, cette connexion que nous avons avec nos enfants ? Et si la discussion se résumait-elle à la projection que nous avons pour eux ? N’est-ce pas finalement étroitement lié à notre vision de la réussite dans la vie ? Oui, pour ma part, j’ai la conviction que nous, parents, sommes les personnes les mieux placées pour enseigner à nos enfants, afin qu’ils évoluent dans un monde avec confiance et enthousiasme. Un enseignement loin des schémas classiques. Un enseignement avec le cœur.

Catherine Allibert aide aussi les enfants déjà expatriés à garder leur français en les invitant à écrire un livre. Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site.

investir1