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Julien Barbier, ou le meilleur ami des informaticiens français ! Après avoir co-fondé While42, un réseau d’informaticiens se regroupant dans plusieurs villes à travers le monde, il a considéré que le moment était venu de passer à l’étape supérieure. Celle-ci est simple : la création de la toute première plateforme d’offres d’emploi internationales, émises par des entreprises pouvant sponsoriser des visas de travail pour les métiers de l’informatique. MyFrenchCity a pu interviewer Julien Barbier, qui habite aujourd’hui à San Francisco. Il nous parle de Techmeabroad et de sa base de réflexion.

Techmeabroad est né de l’expérience de son créateur

Avec son réseau et son expérience aux Etats-Unis, de nombreux professionnels de l’informatique en France contactent Julien Barbier. Mais le fondateur de Techmeabroad n’a pas toujours eu ces « facilités » outre-Atlantique.

Lorsqu’il sort d’Epitech en 2006, il tente de trouver une offre d’emploi pour partir travailler aux USA. Malheureusement, aucune plateforme et aucun site ne lui facilite la chose. Il lui a fallu 6 ans pour traverser l’Atlantique.

Fort de ces 2 constats, Julien Barbier décide donc de créer cette année Techmeabroad : la toute première plateforme web pour aider les informaticiens à travers le monde à trouver un emploi à l’étranger ! Mais attention, www.techmeabroad.com ne liste que les offres de stage et d’emploi pour lesquelles les startups et les entreprises sont prêtes à sponsoriser un visa de travail. Le fonctionnement du site est quant à lui très simple pour cette V1 : un listing d’annonces à travers les USA et le monde, et surtout, la possibilité de postuler gratuitement.

« Aussi pour les Américains qui veulent venir en France »

Les cerveaux de l’informatique français ont-ils la cote aux Etats-Unis et dans le monde ? « Les USA sont friands des cerveaux français, c’est sûr. Particulièrement dans le domaine de l’informatique », souligne Julien Barbier. « J’entends même parfois des entrepreneurs US dire : mon premier développeur, je veux que ce soit un Français ! On a aussi la réputation de rester plus longtemps dans les boites, contrairement aux Américains. » Pour autant, Techmeabroad encourage-t-il la fuite des cerveaux français ? Non, se défend son créateur. Selon lui, aucun pays dans le monde ne forme assez d’informaticiens pour subvenir aux besoins de ses entreprises. Il faut donc recruter à l’international. Il espère ainsi que www.techmeabroad.com pourra profiter aux entreprises françaises :

« Beaucoup de professionnels veulent venir en France. Mais les problèmes de visa et le marché rendent cela compliqué. Malgré tout, je veux que Techmeaborad profite aussi aux Américains qui veulent venir en France ! Je veux aider le tech français à trouver des talents. »

Avant Techmeabroad, il y a While42

Quand il est arrivé à San Fransisco en 2012, Julien Barbier a eu l’idée de co-fonder avec Sylvain Kalache le réseau d’informaticiens while42.

Le projet commence « petit », comme dit le Français. Le but initial était de faire en sorte que les développeurs français se rencontrent à San Francisco.

« Qu tout  début, on était 12 autour d’une table ! Puis on a voulu faire grandir ce réseau. On a rapidement été 40, 50, 80… C’est à partir de là que l’on a commencé à faire du bruit. »

While42 a ensuite intéressé les développeurs et informaticiens français de New York, qui voulaient la même chose pour se rencontrer et constituer un réseau solide. «  J’y suis allé », raconte Julien Barbier.

« On a donc lancé un chapitre à NYC avec Florian Bucher et Arnaud Ruiz. Très vite, à Paris, ils ont voulu faire pareil. On a donc lancé un chapitre à Paris, dans un bar. Un peu à « l’arrache » : le bar était plein, avec des gens dehors, en plein hiver. On s’est dit que les informaticiens avaient vraiment besoin de ça, y compris en France ! »

Un peu partout dans le monde, les Français ont voulu reproduire le schéma dans leur ville. Aujourd’hui, while42 possède des chapitres dans plus de 35 villes (voir map ci-dessous) et près de 3000 membres. Cela permet aux Français, quand ils arrivent à l’étranger, d’avoir un réseau sur place et de se faire un carnet d’adresses rapidement. Voici la carte de tous les chapitres While42 à travers le monde :

La formation française meilleure que l’américaine, mais…

Hormis le réseau local et international, Julien Barbier pointe un 2ème manque aux informaticiens français : l’expérience à l’international.  « Les SSII (sociétés de service en ingénierie informatique) ne confrontent pas les candidats à des projets de grande ampleur. Contrairement à ce que l’on peut trouver ici aux USA par exemple. Et c’est pourtant ce qui fait le plus progresser en tant que développeur ! » Au cours de notre discussion avec Julien, nous abordons également le sujet de la formation française.

Ensemble, nous pointons notamment du doigt une faille :

« Le système éducatif français a un niveau très élevé pour ce qui est de la formation informatique. Bien plus qu’aux USA et c’est une chose bien reconnue ici aux Etats-Unis. Le problème, c’est que 5 ans après, les Américains sont déjà meilleurs, parce que la réalité du terrain est plus élevée qu’en France ! »

Les développeurs français perdent donc leur avantage sur le terrain. Techmeabroad est l’outil qui leur permettra de se mesurer à des projets plus importants.

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