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Lancé en octobre dernier aux Etats-Unis, le nouveau système de paiement Apple Pay a su conquérir les Américains fidèles de la marque à la pomme. Si les produits Apple n’ont de cesse de créer l’évènement, la conquête internationale de l’Apple Pay semble quant à elle avoir été freinée dans son élan. Problèmes de sécurité ou d’uniformisation des systèmes de paiement mondiaux sembleraient en être les raisons…

L’Apple Pay voit beaucoup plus loin que les USA

Le tout récent Apple Pay est un nouveau système de paiement qui permet aux détenteurs des nouveaux iPhones et désormais de l’Apple Watch, de payer directement depuis leurs appareils dans les magasins. Ce nouveau mode de paiement sans contact qui utilise la technologie NFC, est déjà répandu aux Etats-Unis où il a vu le jour, en fin d’année dernière. Mais ses créateurs voudraient désormais lui permettre de dépasser les frontières américaines pour aller conquérir les clients Apple du monde entier.

Fort d’un panel de plus de 800 millions de personnes ayant entré leurs coordonnées bancaires sur leur compte iTunes, Apple compte bien emporter l’adhésion de ces futurs clients Apple Pay. Néanmoins, aujourd’hui la marque se heurte à un, voire deux problèmes…

Une absence d’unification des systèmes de paiement

Contrairement aux produits Apple standardisés pour tous les pays et dont les sorties mondiales sont immédiatement génératrices d’un volume de ventes extrêmement important, les systèmes de paiement ne connaissent pas d’harmonisation. C’est le facteur majeur qui bloque aujourd’hui l’expansion mondiale de l’Apple Pay. Le marché bancaire, la règlementation et la forme des paiements peuvent, en effet, varier grandement entre les pays. D’autre part, pour le moment, en dépit des efforts des banques et autres opérateurs pour tenter de guider les individus vers de nouveaux modes de paiements dématérialisés, les consommateurs semblent toujours leur préférer carte bleue et espèces.

Une potentielle insécurité de paiement

L’autre facteur qui pourrait engendrer une certaine frilosité quant au paiement sans contact via mobile, est, bien évidemment, la sécurité de la transaction. Après le scandale début mars dernier lié à la fraude dont Apple Pay a fait l’objet, certains inconvénients liés au paiement dématérialisé ont été évoqués. Loin d’être infaillible, ce système a, en effet, été détourné par des cyber-escrocs qui ont réussi à voler plusieurs millions de dollars. Comble de l’ironie, ce sont dans des boutiques Apple que ces criminels ont utilisé des coordonnées bancaires volées pour effectuer des achats. Il leur fallait en effet trouver des boutiques acceptant le paiement par Apple Pay et vendant des biens chers et facilement revendables.

Mais comment cette gigantesque fraude a-t-elle été possible ?

Lorsque que l’on veut pouvoir utiliser l’Apple Pay, il faut, pour ce faire, enregistrer ses coordonnées de carte bancaire.

Ensuite celles-ci sont transmises à la banque pour vérification des données et de leur cohérence, notamment avec l’appareil téléphonique utilisé, sa géolocalisation, la régularité d’utilisation du compte Apple, l’activité de l’utilisateur…

Si tout paraît normal à la banque, celle-ci donne son autorisation et les paiements peuvent s’effectuer. Dans le cas contraire, certaines procédures de vérification sont lancées.

C’est au moment de ce deuxième niveau de vérification que la sécurité n’est pas optimale. Pour vérifier l’identité du propriétaire de la carte de crédit, beaucoup de banques demandent uniquement les quatre derniers chiffres du numéro de sécurité sociale, donnée qui peut être facilement récoltée par les cybercriminels en cas de piratage… Si, ni Apple, ni son moyen de paiement ne sont véritablement en cause dans cette fraude, celle-ci a opéré comme un révélateur des limites de la sécurité de ce système, et de la nécessité d’établir des mesures de contrôle plus poussées de la part de banques.

Une concurrence émergente

Apple a été en quelque sorte un pionnier du paiement dématérialisé, mais désormais, la marque à la pomme n’est plus seule en lice. De nombreux concurrents cherchent à développer leur propre moyen de paiement via mobile :

  • Que ce soient Google avec la technologie Softcard,
  • Samsung avec LoopPay
  • ou encore certaines banques, tous se lancent dans la course au paiement dématérialisé, obstacle à la généralisation de l’Apple Pay qui, de toute façon ne concerne que les détenteurs d’iPhone (un peu moins de 20% des smartphones en circulation au niveau mondial).

On peut donc s’interroger quant à l’avenir de l’expansion de l’Apple hors USA. Apple visera très probablement dans un premier temps  des pays enclins au changement technologique, tels que la Chine et le Japon, avant que de s’attaquer aux marchés européens.

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