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Dans une guerre, seules certaines batailles sont planifiées. La plupart du temps, les autres éclatent spontanément. C’est ce qui est arrivé fin mars dernier dans l’Etat d’Indiana, à la suite de l’annonce d’un projet de loi, symbolique des derniers combats menés par les conservateurs de l’état, opposés au mariage gay. Déclencheur d’un mouvement sans précédent et d’une nouvelle victoire du mouvement LGBT, cette loi aura eu l’effet inverse de celui qui était recherché.

Des lois discriminatoires en Indiana et en Arkansas

L’annonce de la loi Religious Freedom Restoration Act (RFRA) par Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, a généré un soulèvement massif des défenseurs des droits des homosexuels.

Cette loi en faveur de la liberté religieuse, sous couvert de protéger les droits religieux de chacun, est un prétexte à une discrimination légalisée des couples de même sexe.

Ce détournement d’une loi datant du début des années 1990s, qui avait été originellement mise en place pour préserver les traditions et cultes des Indiens, a fait vrombir médias et opinion publique. La RFRA a été réutilisée et étendue, pas pour garantir les droits des Indiens, mais bien ceux des églises évangéliques fermement opposées aux mariages gay et lesbien. La primauté des droits religieux garantis par la loi permettait par exemple à un traiteur, un hôtelier ou autres de refuser des services demandés par un couple homosexuel pour  leur mariage. Peu étonnant alors que nombre d’états opposés au mariage homosexuel (19 au total) aient opté pour cette loi, nouveau frein trouvé par les conservateurs pour ralentir l’accession aux couples de même sexe à l’égalité des droits. C’est d’ailleurs dans cette même optique, qu’Asa Hutchinson, gouverneur de l’Arkansas, a lui aussi fait passer cette loi.

Soutien au mouvement LGBT et mobilisation générale !

En réaction à cette nouvelle, le CEO d’Apple, Tim Cook, a publiquement exprimé son désaccord et ce, au nom d’une des plus grosses sociétés mondiales. De la même manière, suite à l’annonce de cette loi, l’ex-joueur NBA Charles Barkley s’est interrogé quant à savoir si Indianapolis était l’endroit approprié pour recevoir la réputée Final Four du National Collegiate Athletic Association (NCAA) de basketball. Toutes les associations LGBT du pays se sont elles aussi bien évidemment mobilisées.

Mais c’est le soutien très important de personnes publiques, ainsi que d’entreprises (de nombreuses entreprises ont publiquement soutenu ces protestations de peur du boycott potentiel  auquel pourraient inciter le mouvement LGTB) qui a le plus surpris. Des firmes telles Anthem, Acxiom, ou encore Wal-Mart ont en effet pris part au combat et dénoncé ces lois discriminantes.

Une nouvelle marche franchie vers l’égalité des droits

Face à l’ampleur des mobilisations pluridimensionnelles en faveur des droits des LGBT, les gouverneurs de l’Indiana et de l’Arkansas n’ont eu d’autre choix que de revenir sur les lois qu’ils avaient fait passer. La rapidité et l’importance des réactions ne marqueraient-elles pas en définitive la fin de ces pratiques discriminatoires dissimulées ? C’est du moins ce que l’on aimerait croire à l’heure où 37 états sur 50 autorisent le mariage entre deux personnes de même sexe.

Rappelons tout de même que le premier mariage gay n’a eu lieu qu’en 2004 et qu’un peu moins de 11 ans après, plus des deux tiers des états l’ont légalisé. La lutte pour l’égalité avance donc doucement mais sûrement.

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