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Ferguson est une modeste ville du Missouri, dans la banlieue de Saint-Louis. Elle compte un peu plus de 20 000 habitants. Son aspect est celui d’une cité typiquement américaine, aux larges avenues flanquées de centres commerciaux et dont aucune attraction touristique ne semble mériter le détour. Pourtant, depuis le 9 août dernier, son nom a fait le tour du monde et constitue à lui seul un véritable tournant dans l’histoire nord-américaine des droits civiques…

Bavure policière ou cas de légitime défense ? Une affaire aux profonds retentissements

Le 9 août dernier, en plein Ferguson, l’agent blanc Darren Wilson, âgé de 28 ans, tuait de plusieurs balles le jeune noir Michael Brown. 18 ans quant à lui, il était non armé et s’est fauché des circonstances non-éclaircies encore. Des manifestations, des émeutes et des saccages s’en suivirent tout au long de l’été. Et ce, non seulement sur l’artère principale de Ferguson, la Florissant avenue, mais aussi dans les centres urbains et quartiers déshérités des grandes agglomérations nord-américaines.

« Hands up, don’t shoot ! »

Derrière les banderoles, les portraits de la jeune victime et des slogans scandés par les manifestants indignés : « Hands up, don’t shoot ! » (« les mains en l’air, ne tirez pas ! »). L’indignation face à un acte violent de discrimination raciale de la part des forces de police a alors violement ravivé de vielles blessures pas tout à fait pansées. Celles d’une société baignée par des décennies de racisme et de ségrégation…

Un acquittement qui met le feu aux poudres…

Coup de théâtre ou coup de poignard, le 25 novembre dernier, le grand tribunal juge le cas Brown et décide d’acquitter l’agent de police Darren Wilson par manque de preuves tangibles.

L’indignation provoquée par cette annonce se répand comme une traînée de poudre dans plus de 170 villes et plus de 37 états le soir même. Révoltés, les manifestants bloquent les autoroutes et les ponts comme à San Francisco ou Los Angeles. Ils vandalisent parfois même pour exiger justice et réparation.

Ferguson s’embrase à nouveau…

Dans la ville, une grande marche pacifique est elle aussi organisée à l’image des grands rassemblements citoyens des années 60. Comme celle de Selma en 1965 (dont l’origine était aussi la mort d’un militant noir tué par un agent blanc). Une gigantesque marche de la ville de Ferguson vers Jefferson City, capitale de l’Etat du Missouri. Soit plus de 200 kilomètres à pied. Une manifestation, un mouvement social plutôt, qui devrait marquer un tournant dans l’histoire des droits civiques nord-américains.

A noter que, en plus d’avoir été acquitté, il a été révélé que le policier Darren Wilson a touché un chèque à 6 chiffres de la part de la chaîne NBC. Ravivant le sentiment de révolte d’une majorité de la population américaine.

Guide MFC