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MFC était hier au Convention Center de Miami Beach afin de participer à la table ronde qui traitait d’un sujet brûlant ces derniers jours : la montée des eaux. À Miami, cela fait déjà plusieurs jours que nous mettons nos bottes de pluie. Lecteur prévenu en vaut deux

Le FACTS, une table-ronde rassemblant les plus grands scientifiques du moment

Sous l’égide de la Mairie de Miami, du consulat Général de France, de la UF et de la FIU, le Convention Center de Miami Beach recevait lundi 28 septembre, autour d’un buffet préparé par Jérôme Fayolle, une conférence extraordinaire dont le thème était la montée des eaux et son impact mondial sur nos côtes et nos villes.

Les plus grands chercheurs américains et français : Ben Kirtman de l’Université de Miami, Juliet Pinto de la FIU et Anny Cazenave ayant la chaire de géophysique à l’Université de Toulouse ou Eric Rignot, glaciologue, recteur et professeur à l’université de Californie participaient à cette table ronde. Le célèbre John Morales, responsable météorologiste pour la NBC6 était le médiateur de ce débat passionnant, orchestré par la maire de Miami : Philip Levine.

Une mission : réveiller les consciences au sujet de la montée des eaux

Dès les premières minutes de la conférence, les participants démontraient l’enjeu majeur que représente la montée des eaux à l’échelle mondiale. Avec le réchauffement climatique, ce ne sont pas seulement les îles qui sont menacées d’être submergées, mais également 136 grandes villes côtières du monde entier. Et, parmi elles, Miami risquerait d’être, en partie, engloutie. La Floride est, en effet, une zone particulièrement sensible en raison de sa topographie et de sa géologie. En Floride, plus de 50% des terres sont situées en dessous du niveau de la mer et la roche majeure constitutive du territoire se montre très poreuse car sédimentaire et conservant, par conséquent, l’humidité.

C’est presque le cas de Miami puisque celle-ci ne se situe que 1.22 m au-dessus du niveau de la mer. Si l’ONG World Resources Institute affirme que les côtes floridiennes ont reculé de 30 cm depuis 1876, les prévisions montrent que ce sont 23 à 61 cm de terre qui seront perdus d’ici 2060.

Cette situation est très préoccupante au regard du nombre d’habitations qui donnent directement sur l’eau et de celles qui sont en construction. La montée des eaux dans la ville, qui a déjà eu lieu par le passé, est donc plus que jamais un sujet d’actualité. On se rappelle, en effet, l’incident d’octobre 2013 qui, ironie du sort, était survenu le jour d’une réunion du centre d’études environnementales de Floride sur l’élévation du niveau de la mer. La mer avait alors envahi Miami recouvrant les rues de plus de 30 cm d’eau et des artères majeures de Miami Beach. Un système de pompes est d’ailleurs en train d’être installé.

Aujourd’hui, comme l’a rappelé le maire de Miami, Philip Levine, la commune a été dotée de 25 pompes sur les 80 qui sont prévues à cet effet. Leur action s’avère plutôt efficace puisque, lors des dernières grandes marées, la ville, qui par le passé avait été inondée, est restée au sec. Ce dispositif devrait coûter au total entre 300 et 500 millions de dollars à la ville. Les sommes perçues par la municipalité (qui ont augmenté de 8.8% en 2014) grâce aux impôts fonciers sont donc primordiales (environ 128 millions dollars).

Le plus grand des défis : adopter l’éco-responsable attitude

Comme le soulignaient les scientifiques français, ces pompes sont une solution transitoire qui ne règle nullement le problème à la racine. « C’est l’ensemble du mode de vie américain, mode comportemental et sociétal que nous devrions réviser » déclarait très justement Anny Cazenave. Paradis des investisseurs immobiliers, peu préoccupés par les enjeux qui menacent la terre et les océans, Miami a quelque souci à se faire ces prochaines années. Ou bien Miami Beach pourrait être définitivement rayée de la carte…Nos experts américains et français soulignaient plus globalement la menace écologique qui menace la Sunshine City. Au pays du soleil radieux 364 jours/an, pas un panneau solaire en vue, peu d’énergies renouvelables (ah ! les lobbys du pétrole et du gaz), 3 voitures en moyenne par famille et des transports en commun quasiment inexistants. Prenez votre vélo à Miami et vous risquez un accident mortel dans les secondes qui suivent.

Changer nos habitudes, penser autrement, une lame de fond qui mettra des années à balayer nos consciences.

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