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Les croissances respectives des Etats-Unis et de la zone euro sont restées sensiblement identiques jusqu’en 2010. Néanmoins, à partir de là, la fracture économique n’a cessé de se creuser lors des  dernières années. Au point de faire dire à de nombreux spécialistes que les Etats-Unis ont peut-être mieux interprétés la crise économique de 2008 que l’UE…

L’embellie de la reprise américaine

Si l’économie américaine surprend et reprend de la vigueur depuis quelques mois, la zone euro pourrait, quant à elle, souffrir d’une nouvelle récession ou d’une longue stagnation.

L’économie américaine vient en effet d’afficher ses deux meilleurs trimestres consécutifs depuis 2003 (+ 4,6% pour le deuxième trimestre 2014 et + 3,9% pour le troisième), alors que les économistes tablaient sur des performances moindres.

Une consommation des ménages américains en hausse

Une belle surprise donc. Soutenue par une consommation des foyers américains en hausse. Les dépenses, qui contribuent pour plus des 2/3 du PIB américain, ont progressé de 2,2% au troisième trimestre (les prévisions annonçaient 1,8%). Parallèlement, les investissements des entreprises ont augmenté à un rythme solide, de 7,1% sur la même période. Dopés par les dépenses en équipements et en R&D, ils affichent une belle dynamique.

L’économie américaine en plein cercle vertueux

A cela vient s’ajouter un rythme mensuel de création d’emplois particulièrement soutenu depuis 2012. Mieux, depuis dix mois, l’économie américaine a créée plus de 200 000 emplois par mois (dont 321 000 en novembre).

Les Etats-Unis semblent donc profiter d’un cercle vertueux :

« Le redémarrage précoce de crédit, le désendettement des ménages, le redressement de l’immobilier, la diminution du coût de travail, l’amélioration spectaculaire des marges des entreprises, le redémarrage industriel et la souplesse de l’appareil productif », sont les facteurs déterminants de cette embellie, selon Inna Mufteeva (Natixis).

Du jour à la grisaille : une économie européenne à l’arrêt

En zone euro, en revanche, les moteurs de la croissance sont en berne et les signaux annonçant une nouvelle récession ou une longue stagnation sont nombreux. Contrairement aux Etats-Unis, la consommation des ménages n’a que très peu progressé : +0,3% au deuxième trimestre 2014. L’investissement recule quant à lui de 0,3%.

Les Européens auraient mal interprétés la crise

Pour Philippe Waetcher, de Natixis Asset Management, cette divergence économique aurait pour première cause « la façon dont les deux puissances économiques ont analysé la crise ». Si aux yeux des Etats-Unis « le choc économique était violent et il ne fallait pas répéter l’erreur des années 30 », les Européens n’ont, de leur côté, pas pris la mesure de cette crise. Ils l’ont d’abord perçue comme une « crise conjoncturelle », d’après l’économiste français.

Les Américains ont par exemple rapidement réinjecté 770 milliards de dollars, afin de soutenir l’activité et redonner un certain souffle aux ménages. Tandis que les Européens ont imposé une politique d’austérité en 2011-2012 à leur population.

Les salaires : point noir des Etats-Unis

Alors que les politiques macroéconomiques ont été plus pragmatiques et surtout plus rapidement mises en œuvre au pays de l’Oncle Sam, l’inertie d’une Europe à 28, dont les prises de décision se font plus lentes, a pénalisé la reprise économique de la zone euro. Face à l’embellie américaine des derniers mois, l’économie européenne semble à l’arrêt.

Deux ombres semblent toutefois vouloir venir noircir ce tableau américain idyllique : la faible croissance des salaires et l’indice des prix des dépenses personnelles, à 1,3%.

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