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Aux USA, ils seraient plus de 150 000 Français vivant dans la clandestinité et la peur quotidienne des services migratoires. À titre d’exemple, la seule ville de New-York concentrait déjà 10 000 clandestins français en 2013.

Mais qui sont ces frenchies qui tentent le tout pour le tout afin de vivre leur rêve américain ? Dans quelles conditions vivent ces Français qui veulent l’Amérique à tout prix ? Pourquoi l’illégalité outre-Atlantique plutôt que le confort de l’Hexagone ? Il y a plusieurs années l’affaire Murat Celebi, sans-papiers français vivant à San Francisco, expulsé par les autorités américaines, faisait la une des journaux. MyFrenchcity est partie enquêter…

2% des clandestins à New York sont français

Aux USA, des milliers de clandestins sont renvoyés chaque année aux frontières et nombre d’entre eux font l’expérience amère des centres de détention pour clandestins avant de regagner leur ancienne patrie manu militari. En 2013, le magazine Envoyé Special consacrait l’un de ses reportages aux 10 000 sanspapiers français vivant à New-York soit 2% des travailleurs illégaux, estimé à environ 500 000. Ces renvois, assortis d’une interdiction d’entrée sur le territoire américain d’une durée minimale de 10 ans, ne semblent cependant pas décourager nos compatriotes qui sont chaque année plus nombreux à s’installer sur le territoire américain de façon illégale.

Arrivés la plupart du temps muni d’un visa de tourisme alloué pour 6 mois, les candidats à l’expatriation clandestine se fondent dans la masse des Français qui vivent sur le territoire américain. Peu de risques donc pour nos compatriotes passés maîtres dans l’art du camouflage : « Leur faible nombre, leur dispersement géographique, leur présence très limitée dans des activités illégales comme la prostitution ou le trafic de drogues et leur apparence physique caucasienne, font que les sans-papiers français peuvent dormir sans craindre l’arrivée d’une brigade de l’immigration à 5 heures du matin à leur domicile », explique un officier de l’immigration.

11 millions de clandestins aux USA

Les services d’immigration américains estiment à plus de 11 millions de clandestins installés sur le territoire, dont les Français ne représentent qu’une toute petite partie. Cette immigration provient en effet principalement du Mexique et d’Amérique latine. Les Français s’installent majoritairement dans les grandes métropoles américaines notamment à New York mais aussi à Los Angeles, San Francisco ou encore Miami où ils sont très nombreux. Nombre de jeunes arrivent aux USA pour y faire des études et un très grand nombre d’entre eux préfèrent chercher du travail aux États-Unis, une fois leur diplôme en poche. Toutefois au pays de l’Oncle Sam l’obtention d’un visa peu s’avérer long, coûteux et compliqué. C’est pourquoi nos jeunes professionnels décident de rester dans l’illégalité et se procurent de faux papiers dans un marché clandestin facile et bon marché. Nous estimons que les Français représenteraient environ 1,4% des clandestins sur le territoire américain, soit plus de 150 000. Un chiffre encore faible mais symptômatique d’un afflux constant.

Emigrer dans la clandestinité, un choix

Emigrer dans la clandestinité est un choix qui ne va pas sans risque. Le coût financier n’est à négliger dans ce choix de l’illégalité. Aux USA, le niveau de vie étant très élevé de nombreux sans-papiers ont du mal à joindre les deux bouts en raison de leurs faibles revenus. En effet, le revenu annuel moyen d’un clandestin français aux USA oscille généralement entre 25 000 et 40 000 dollars, soit  près de quatre fois moins que le salaire d’un expatrié travaillant pour une entreprise française. La différence de ressources financières entre ces résidents légaux et illégaux explique aussi la fracture sociale entre ces deux communautés françaises qui se côtoient sans se mêler.

De plus, les clandestins pâtissent d’une situation sociale précaire puisqu’ils ne bénéficient pas de carte de sécurité sociale, indispensable pour avoir un travail légal ou obtenir une carte de crédit, et n’ont nullement accès à l’assurance maladie. Ils se trouvent également dans l’impossibilité de quitter le territoire américain, quelque soit la raison qui les y pousse. Comme le reconnait Pierre, barman à Philadelphie :  « L’angoisse de perdre un ami, un parent vous prend à la gorge de temps à autre car vous savez que vous ne pouvez pas vous rendre en France ». Ce Français, qui était  entré aux USA sous un visa touristique et y était resté clandestinement en exerçant sa profession, n’a pas eu d’autre choix l’année dernière que rester en Pennsylvanie alors que sa mère rendait son dernier souffle.

La maladie, la hantise numéro 1 des clandestins français

La hantise des sans-visas français est donc bien l’accident ou la maladie. Combien de français rechignent-ils à inscrire leurs enfants au foot ou au rugby de peur qu’il ne leur arrive un accident dont ils ne sortiraient pas indemnes en termes financiers. La clandestinité et l’absence de couverture sociale vont de paire dans un pays où les honoraires médicaux sont parmi les plus élevés au monde. On fait alors l’ellipse sur le rendez-vous chez le dentiste et on passe outre les consultations chez les spécialistes.

Pour mettre fin à la précarité de cette situation et retrouver un statut légal, de nombreux français ont trouvé une parade : le mariage avec un ou une citoyen(ne) américain(e). Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le mariage blanc est un véritable business informel. Dans certains états, il peut se monnayer 15 000 dollars, en échange de quoi le citoyen américain s’engage à ne pas demander le divorce avant la période réglementaire des deux ans pour obtenir une green card, à déclarer conjointement ses impôts et à ouvrir un compte commun. Des pré-requis qui tournent bien souvent l’échec d’une union factice puisque les services d’immigration ont l’art et la manière de les traquer.

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