USA  IMMO Floride

La compétitivité avant tout. C’est un peu le message envoyé par 4 états américains souhaitant (ou proposant déjà) donner le choix aux lycéens de remplacer leurs cours de langue vivante par des leçons de langage informatique. Inquiétant pour les élèves ? Assurément. Mais les contestations sont déjà nombreuses…

POUR : une mesure salutaire pour l’emploi

Le Texas, « précurseur »

Depuis 1958, où une loi avait été instaurée en pleine Guerre Froide pour l’apprentissage d’une ou plusieurs langues étrangères à l’école, en faveur de la défense et la compétitivité nationale, les Etats-Unis n’avaient jamais remis les langues en cause.

Mais un premier pavé fut jeté dans la mare par le Texas, état conservateur s’il en est, en 2013.

Un projet de loi fut ainsi adopté pour permettre aux lycéens de remplacer leurs crédits de langues étrangères, parce que l’on appelle communément du « code ». Désormais, ce sont 3 autres états qui suivent le sillage de l’état du sud, dont la Géorgie et Washington. Rien d’étonnant pour ce dernier, lui qui abrite le siège social de Microsoft.

1,4 millions d’emplois à pourvoir d’ici 5 ans !

Il ne faut pas voir avec cette mesure l’ombre d’un nationalisme décomplexé. Les défenseurs de ce projet arguent qu’il s’agit-là d’une mesure salutaire en faveur de la compétitivité américaine sur le marché du travail international et national. Le très sérieux site Code.org, avance par exemple que plus d’1,4 millions d’emplois nécessiteront des connaissances avancées en langage informatique (Javascript, HTML…) d’ici à 2020. Cependant, si aucune mesure n’est prise dès aujourd’hui, seuls 400 000 candidats pourront assumer de tels postes. Cela exigerait de fait, un recrutement massif à l’étranger.

CONTRE : vers une Amérique monolingue

Certains états, possédant une « histoire mixte » et une forte population hispanophone, comme la Californie ou la Floride par exemple, possèderont vraisemblablement toujours cette bilingualité.

Au-delà de l’école, le quotidien de ces états exige une pratique récurrente de l’espagnol. Mais pour les autres ?

Si cette mesure venait à s’étendre, le pays courrait tout droit à une véritable « perte de connaissances ».

C’est en tout cas l’argument développé par les opposants à cette mesure. La Virginie, 4ème état qui pourrait voir cette mesure adoptée, et Martha Abott, directrice du Conseil Américain de l’Enseignement des Langues Étrangères, clament :

« Nous devons être capables de communiquer avec le monde ! »

Par ailleurs, le Secrétaire d’Etat à l’Education des Etats-Unis annonçait en 2010, que seuls 18% des Américains parlaient une autre langue que l’anglais, alors que ce chiffre était de 53% en Europe.

Kentucky et Washington s’ajustent

Une réalité qui n’échappe pas aux détracteurs du projet et qui a visiblement fini par convaincre le Kentucky, qui a purement et simplement décidé d’abandonner le remplacement des langues par l’enseignement du code. L’état de Washington, quant à lui, a probablement pris la meilleure voie, puisqu’après des discussions avec de nombreux professeurs, un législateur, Chris Reykdal, a décidé de mettre le projet en suspens. Son objectif ? Trouver un compromis permettant aux lycéens de recevoir des cours de langue ET de langage informatique. Une décision qui semble en effet plus intelligente…

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