USA  IMMO Floride

Samedi à l’ONU à New York et à la Mostra de Venise, Yann Arthus-Bertrand a présenté simultanément son dernier documentaire Human, un film engagé sur le sens de notre existence en tant qu’êtres humains. Interview.

Vous avez suivi 2000 personnes. Quelle est l’histoire qui vous a le plus marquée ?

« C’est difficile : chaque histoire est forte. Il y a beaucoup d’utopie et de naïveté quand on se demande pourquoi on se fait la guerre. Ce film appelle plus aux réponses, au sens donné à la vie. Il invite à l’introspection, c’est presque un film d’expérience qui n’a pas été scénarisé donc sans objectif commercial. »

« On parle beaucoup de la question des migrants aujourd’hui, notamment en Europe avec l’afflux de Syriens. Forcément, la sortie de Human y fait écho… »

« Dans le monde qui vient demain, les réfugiés seront encore plus nombreux, à cause des conflits ou parce que les changements climatiques seront encore plus forts qu’aujourd’hui. Il va falloir s’armer plus pour que les réponses apportées ne soient pas dans la dureté. Libération m’avait traité de « grande nunuche », mais je trouve que souhaiter « un monde bisounours » est plutôt une qualité. »

Sur quels autres projets travaillez-vous ?

« Ce film est tellement fort que je ne pense pas pouvoir trouver quelque chose de plus fort. Je vais attendre un peu en tout cas et le laisser vivre notamment à la COP 21 (la conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015).  Au total, Human, c’est douze films (l’œuvre cinématographique, l’œuvre audiovisuelle, Sur les trace de Human, le making of, la musique, 3 films spécifiques pour le web, les coulisses, la rencontre, les projections libres, le mouvement digital) et je n’ai pas encore fini de tout classer et trier. »

L’histoire du film

Suite à couper le souffle de Home, qui montrait la terre vue du ciel, Human est fondée sur les valeurs des Nations Unies, et plus particulièrement sur les Objectifs du Millénaire pour le développement. Tourné sur trois ans, le film soutenu par la Fondation Bettencourt Schueller et de la Fondation GoodPlanet dure trois heures.

Il raconte les histoires collectives de 2 000 hommes et femmes dans 60 pays. A travers ces différents portraits, il présente leurs perspectives sur la façon dont nous, les 7 milliards d’être humains, pouvons bien vivre ensemble. Les images aériennes magnifiques et poétiques invitent également à la remise en question et à la critique de la vie de notre espèce sur la terre et notre avenir commun.

A savoir

Depuis samedi, le Google Cultural Institute permet de regarder Human en six langues sur sa plateforme YouTube, afin de garantir une portée internationale. Six chaînes sont ainsi dédiées à la diffusion de trois fois 90 minutes du film.

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