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Trois ans après Intouchables, les réalisateurs Olivier Nakache et Eric Toledano, retrouvent Omar Sy pour le film Samba, sur les écrans américains à partir du 24 juillet. Nous avons rencontré l’acteur français à New York. Entretien, entre rires et confessions.

My FrenchCity : Pensez-vous qu’une comédie sentimentale comme Samba – qui raconte l’histoire d’un sans-papiers à Paris – sera bien reçue par les Américains ?

Omar Sy : Depuis que j’habite à Los Angeles, je me rends compte que les Américains ont envie de voir plus de films français. Ils sont déjà nombreux à en regarder car ils aiment notre cinéma.

Depuis la France, on n’imagine pas qu’il y ait un public si important pour nos films. Le thème des sans-papiers, de l’immigration, n’est pas spécifique à la France, donc je pense que les Américains peuvent apprécier le film tout autant que les Français.

« Intouchables m’a ouvert des portes »

On dit souvent que l’humour au cinéma est spécifique à chaque pays. Que pensez-vous des comédies américaines ?

Je suis très friand de Judd Apatow (réalisateur de Trainwreck, actuellement au cinéma, et producteur des principales comédies à succès de ces dernières années, de Superbad à Bridemaids, ndlr). Aujourd’hui, on ne peut plus dire que les comédies ne peuvent pas être appréciées à l’étranger. J’ai grandi avec les mêmes références que les gens de ma génération aux États-Unis. Seth Rogen (The Interview, Pineapple Express) et moi-même avons à peu près le même âge, et ce qu’il raconte me parle parce que j’avais accès aux mêmes films durant mon enfance. L’humour s’exporte plus facilement aujourd’hui qu’avant, même s’il y a encore quelques petites nuances. C’est pour cela qu’on a entendu des rires dans la salle quand les gens ont vu Samba en avant-première aux États-Unis. Les Américains rient des mêmes choses que les Français de  nos jours.

Ce cinéma sans frontière que vous décrivez vous aide-t-il à développer votre carrière aux États-Unis ?

Incontestablement. Intouchables m’a ouvert des portes. Quand on regarde le casting de Jurassic World ou d’X-Men (deux films auxquels Omar Sy est à l’affiche dans un second rôle, ndlr), les producteurs vont chercher des acteurs venant du monde entier, parce qu’aujourd’hui, un film se fait de la même manière, qu’on soit aux États-Unis, en France ou au Japon.

« En restant en France, j’avais peur d’être blasé »

Avez-vous l’impression de recommencer à zéro aux États-Unis : passer à nouveau par des castings, alors qu’en France vous pouviez sélectionner le film dans lequel vous souhaitiez jouer ?

Je suis obligé de passer des castings aux États-Unis, car il faut se présenter. Les producteurs et réalisateurs veulent savoir à qui ils ont affaire. Et puis la première rencontre est très importante pour les Américains. Ils ont besoin de ce contact. Surtout, ils veulent voir comment je m’en sors en anglais, c’est normal. J’ai pu en arnaquer quelques uns et d’autres moins ! Refaire des castings, ça me fait du bien. Je dois repartir à zéro, séduire à nouveau. En France les choses étaient simples, et j’avais peur de ne plus savoir apprécier et gérer ce confort. C’est en étant en difficulté aux États-Unis, en acceptant des petits rôles, que je me rends compte de la chance qui est mienne en France, de porter un film, d’avoir la confiance des réalisateurs et des financiers. En restant en France, j’avais peur d’être blasé.

Éprouvez-vous des difficultés à jouer en anglais ?

Ce n’est pas facile, mais c’est justement en apprenant mes répliques que je progresse en anglais. En France, on apprend à lire et à écrire l’anglais, mais pas véritablement à la parler. Et dès qu’on doit s’exprimer, un problème se pose. Je me rends compte que mon niveau d’anglais baisse dès qu’il y a un Français aux alentours, parce que j’ai honte de parler anglais !

Les séances de Samba aux États-Unis

Guide MFC