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Sorti fin 2015, Le génie français n’est pas mort est le premier livre de Jean-Baptiste Vallet. Un ouvrage faisant la promotion du vivre-ensemble qu’il destine aux jeunes français les incitant à pousser plus loin les frontières de l’emploi, en s’appuyant sur de nombreux exemples de réussite. Notamment aux USA.

De nombreux exemples de réussite aux USA

Aux USA, nombreux sont les exemples de Français expatriés, qu’ils soient en contrat local ou non, de manière légale ou non. Ces Français, par volonté d’aventure ou conscients de la limite de leurs perspectives professionnelles dans la mère patrie, – n’étant pas des fils ou des filles de, élevés en province ou à la faute à un diplôme pas assez reconnu -, s’en sont souvent plutôt bien sortis.

Le Génie Français raconte le périple de Jean-Baptiste Vallet à travers la planète avec de nombreux stops aux USA. Car les exemples de réussite sont nombreux à rester, au pays de l’Oncle Sam. Jean-Baptiste Vallet les a côtoyés, au MIT de Cambridge dans le Massachusetts ou à Digital Lab. « Il y a aussi beaucoup de Chinois, d’Indiens, de Kenyans, tous ceux qui croient encore au rêve américain comme une structure fédératrice qui apporte du bien être à la communauté. Harvard m’a été possible et a la capacité à donner de la confiance aux gens contrairement la France où on aime bien le « network ». Résultat : on ne laisse pas la place aux jeunes, mais on est figé sur une cartographie sociale en mode pyramidale. Il faut changer le contrat social. »

Alors, les USA, sont-ils un modèle pour le génie français ? « Les Français sont partis aider les Américains à se structurer et les Américains sont venus aider la France pendant les deux guerres. Barack Obama a montré sa peine après les attentats », rappelle Jean-Baptiste Vallet qui qualifie les deux nations de cousines. « La France et les USA ont les mêmes constituants. Mais après la Première guerre mondiale, il s’est créé un hiatus entre les valeurs française et la manière de vivre. Aujourd’hui, il faut trouver un moyen de recréer du vivre ensemble pour en faire une des valeurs intrinsèques de la France, en ramenant ce qui marche le mieux ailleurs sans oublier le modèle de vie, la culture, l’histoire et la philosophie dont l’Hexagone a toutes les raisons d’être fière. Nous sommes 60 millions sur 7 millards, avec économie arrivée à maturité, que peut-on espérer ? On est obligé de s’ouvrir aux autres ! »

Barack Obama, un modèle pour Le Génie Français ?

Ce projet collectif, il voudrait le placer entre les mains de « ceux qui agrègent les individus et leur donnent des perspectives communes ». Mais selon lui, les professeurs n’inspirent plus, lassés de leur condition. « Les médias sont dans une course à l’audience et envoient des messages dramatiques. » Reste le politique, « le type qui doit être le symbole de la société. Mais aujourd’hui, en France, nous sommes face à des énergumènes impossibles qui ne donnent pas envie. »

L’auteur du Génie français préfère citer Barack Obama « vecteur d’espérance dont il est l’instigateur », Tony Blair qui agrège la culture anglosaxonne et à qui Londres doit son émergence ou encore David Cameron pour avoir donné l’image de « Cool Britannia » au pays de la reine Elisabeth. « Pas un homme politique français aujourd’hui lui semble insuffler ce vent d’espérance », regrette Jean-Baptiste Vallet. « Ou peut-être Emmanuel Macron pour la culture. Mais il n’est pas très noir, très Arabe ou très féminin », dénote le trentenaire. « Statistiquement aujourd’hui, il ne représente pas la masse. »

Une lettre ouverte à la jeunesse française

Le génie français n’est pas mort se présente sous la forme d’une lettre ouverte à la jeunesse, celle qui n’a pas fait forcément de VIE (Volontariat international en entreprise), Erasmus et autres programmes à l’étranger, celle qui vit à Morlaix ou Saint-Etienne, loin des grandes institutions. Celle qui, selon Jean-Baptiste Vallet, l’auteur, peut s’inspirer des réussites qu’il décrit dans son livre. Il s’adresse aux jeunes mais aux moins jeunes aussi, ceux qui ne sont pas dans ce monde de la « tech », ces gens de l’âge de ses parents, qui ne comprennent pas tout et qui, face aux errements de leur progéniture, s’inquiètent beaucoup de leur avenir et de leurs perspectives professionnelles.

Un futur qui passera forcément par l’action de « donner les clés aux jeunes pour se digitaliser favorisant ainsi les échanges internationaux. Il faut pouvoir inspirer la jeunesse française et leur montrer que c’est possible. N’oublions pas que le taux de croissance au niveau mondial est supérieur à 7% », rappelle l’auteur.

Le Génie Français, « un livre politique qui ne dit pas son nom »

Paru le 29 octobre 2015, l’ouvrage est écrit dans un style volontairement direct, parfois humoristique et nonchalant. Le genre de ton qu’on retrouverait dans un blog ou chez votre ami, persuadé de vous convaincre de vous lancer, de tenter l’aventure qu’elle soit celle de l’entrepreneuriat, de l’expatriation, de l’invention ou vous incitant clairement à envoyer un CV dans cette grosse entreprise où il ne serait pas possible de rentrer sans un piston en interne.

Alors gaiment, au fil des 224 pages, on suit Jean-Baptiste Vallet dans ses pérégrinations à travers le monde, à la rencontre de startuppers qui ont trébuché avant de réussir, de chercheurs qui lèvent de l’argent, de CEO qui inventent et toujours, et créent des emplois. La genèse de son livre prend racine en 2013 : « Je venais de descendre de l’avion qui reliait Boston à Paris, car je vivais à Darmouth pour mon MBA (à la Tuck School of Business, ndlr). En atterrissant à Charles-de-Gaulle,  sur les écrans de télévision, on parlait des ouvrières du Doux, les yeux rougis, exhortées et ulcérées, en plein conflit social, car à ce moment-là, quelqu’un avait dit qu’elles étaient analphabètes. Je ne pouvais pas me résoudre que l’on puisse dire cela à des travailleurs en France. »

Et d’ajouter : « Le Génie Français est un livre politique qui ne dit pas son nom ! Il montre des gens qui font mais je laisse le lecteur se faire sa propre idée ! » Dans le style du voyage initiatique, il rapporte ses interviews, pensées. Le livre est construit un peu comme un magazine, avec des aplats de couleurs pour expliquer procédés complexes, un livre où il distille des pistes pour améliorer l’innovation en France. « Il faut être pédagogue: je ne suis pas là pour raconter des histoires sur moi-même. Je veux apporter des choses aux gens. » Une posture de vulgarisation, mais pas celle du donneur de leçon du diplômé de Science Po Paris. Car il assure, il a tout fait pour « enlever ses habits » d’intello de l’institut de rue Saint-Guillaume.

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