investir1

Vantées dans le monde entier pour la qualité des infrastructures, de l’innovation ou de la recherche, les études made in US en inquiètent plus d’un aujourd’hui. Il ne s’agit pas ici du niveau de l’enseignement, mais plutôt de leur coût et des générations de diplômés endettés qu’elles ont produites… A tel point que l’on ose aujourd’hui murmurer le mot interdit de « bulle » et tout ce qui l’accompagne…

Dette étudiante : 1 160 milliards de dollars fin 2014

Arrive-t-on encore à s’alarmer de tels chiffres dans l’économie actuelle ? Oui, visiblement. Et heureusement.

Au 31 décembre 2014, la Réserve Fédérale de New York se fend d’une information à faire pâlir plus d’un économiste : la dette étudiante aux États-Unis s’élève désormais à plus de 1 160 milliards de dollars. Une dette plus grande encore que celle des cartes de crédit américaines. Autre chiffre, en provenance du Ministère de l’Education américain cette fois-ci : plus de 40 millions de citoyens (sur 319M) ont souscrit un prêt étudiant, avec, en moyenne, plus de $30,000 empruntés.

Des frais de scolarité démesurés

Il est vrai que les Etats-Unis ont toujours proposé des frais de scolarité élevés. Il est en revanche  erroné de soutenir qu’ils ont toujours été à un tel niveau. Et pour cause, sur les 25 dernières années, ceux-ci ont subi une augmentation de plus de 440% ! Pour illustrer ce qui n’est plus vraiment un phénomène, mais plutôt un épiphénomène, Lemonde.fr donnait ce weekend l’exemple de Flynn Barclay, 30 ans, tout juste diplômé en droit du Boston College.

Pour ses 3 années d’étude au sein de la prestigieuse université, il a dû se faire prêter plus de $165,000 (152 000€), qu’il drevra rembourser sur une période de 30 ans !

2 ans après la fin de ses études à Boston, alors que celui-ci n’a toujours pas trouvé le poste d’avocat qu’il recherchait, Flynn Barclay doit rembourser la modique somme de $1,240 par mois… Un cas de figure qui est malheureusement loin d’être isolé.

L’ombre de la bulle

Cela fait désormais quelques temps que l’on s’inquiète aux USA de cette situation. Flynn Barclay n’est pas, en effet, le seul à devoir rembourser un prêt mirobolant aussi jeune et sans avoir atteint ses objectifs professionnels. Nombre d’anciens étudiants, promis à un grand avenir de par leur cursus scolaire, se retrouvent aujourd’hui à devoir rembourser leurs mensualités avec un salaire de misère, obtenu grâce à un petit boulot. Une réalité que l’on observe notamment depuis la crise économique de 2008. Et avec une telle génération et une dette de 1 160 milliards de dollars, il est effectivement temps de parler de bulle du prêt étudiant.

Car si la capacité de ces diplômés à rembourser leurs prêts est extrêmement préoccupante, cela signifie également qu’ils sont incapables de souscrire à d’autres emprunts (voiture, maison, etc.) pour commencer leur vie professionnelle et d’adulte.

Barack Obama s’attaque au problème

Pour éviter d’empirer cette situation, le président Barack Obama a décidé de s’attaquer au problème dès janvier 2015. Il a notamment proposé la gratuité totale des 2 premières années en Community College, en échange de quoi, les étudiants devraient fournir des heures de travail à leur établissement.

Et pour celles et ceux qui se trouvent déjà « de l’autre côté », celui de la dette et des difficultés post-diplôme, une mesure concrète a également été prise en juin 2014 : l’extension du programme « Pay as you earn », permettant aux étudiants de rembourser leur prêt en fonction de leur rémunération.

Ainsi, les jeunes diplômés peuvent plafonner leurs mensualités à 10% de leurs revenus sur des prêts étudiants fédéraux.

Ouvert seulement aux étudiantes et étudiants ayant souscrit après 2007, il faudra attendre décembre 2015 pour que le programme soit accessible à tous.

De quoi dégonfler la bulle ?

investir1